Annick Mattighello, une vie de combats de Lille à Louvroil

Annick Mattighello, une vie de combats de Lille à Louvroil dans Annick Mattighello

Maire de Louvroil depuis 2001, conseillère régionale, ancienne première secrétaire de la Fédération du Nord du Parti communiste français… Annick Mattighello se livre en toute franchise.

«Je suis quelqu’un de direct. Les gens attendent de l’authenticité, même si ça peut faire désordre dans le monde feutré des élus». Ainsi a débuté notre entretien avec Annick Mattighello, maire communiste de Louvroil, conseillère régionale, vice-présidente de l’Agglomération Maubeuge-Val de Sambre. Nous avons voulu en savoir un peu plus sur la femme, les raisons de son engagement syndical et politique, ses projets et ses attentes pour l’avenir. Entretien.

La Sambre : Parlez-nous un peu de vos origines, de vos activités avant d’entrer en politique.
Annick Mattighello : Je suis originaire de Lille, d’une famille de 8 enfants. Notre mère nous a élevés pratiquement seule avec un formidable courage qui a donné beaucoup de sens à ma vie. A 14 ans, après le certificat d’études, j’ai commencé à faire des petits boulots à droite et à gauche, pour faire bouillir la marmite. Puis à 18 ans, j’ai eu l’opportunité de rentrer à la Thomson, à Lesquin. On était 3 000 ouvriers, dont 1 000 femmes, on y faisait de l’électroménager, des réfrigérateurs et des congélateurs. J’ai travaillé sur la chaîne pendant 20 ans, jusqu’en 1997 où l’usine a fermé. J’avais rapidement été repérée par un ancien de la CGT comme étant une rebelle. C’est comme ça que j’ai commencé à prendre des responsabilités syndicales, notamment en tant que déléguée du personnel.

D’où vient votre engagement au sein du Parti communiste ?
A.M. : J’ai eu deux enfants très jeune et à l’école maternelle où ils étaient inscrits, il n’y avait pas de cantine. Le PC local se battait pour en obtenir une et je me suis retrouvée à assister à des réunions, puis à faire circuler une pétition. J’y ai trouvé des gens formidables et j’ai pensé que j’y avais toute ma place. Mes parents étaient gaullistes et je me souviens que lorsque j’ai dit à ma mère que j’avais pris ma carte au PC, il y a eu un grand silence qui en disait long. Je pense qu’elle avait surtout peur que je m’expose. Dans un sens elle n’avait pas tort, parce que mon engagement m’a valu beaucoup de problèmes à l’usine. Quand j’ai été licenciée, j’en étais toujours au même échelon qu’à mon arrivée et je n’avais eu en 20 ans que 25 francs d’augmentation… J’ai également été licenciée et réintégrée deux fois. En 1986, lorsque j’ai été candidate pour la première fois à la députation, j’avais eu un congé pour la campagne. Quand je suis revenue, mon poste avait été supprimé. Je suis restée sans travail pendant un an, mais tous les matins, à 5 h, j’entrais avec les ouvriers dans l’usine. Ce sont eux qui m’ont permis de vivre pendant cette année-là en se cotisant : ils faisaient circuler une boîte dans les ateliers. C’est pour cela que lorsque j’ai reçu la Légion d’honneur, je l’ai dédiée au monde du travail… et à ma mère, naturellement.

Propos recueillis par Matthias Dormigny

Lire la suite dans La Sambre du jeudi 11 novembre 2010.

 

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